Moïse Maïmonide le guide des égarés

Moïse Maïmonide ou Rambam, est un médecin, philosophe, et rabbin andalou du 12ème siècle.  

Non seulement il fut un des premiers intermédiaires entre Aristote et les docteurs de la scolastique catholique (Albert le Grand et Saint Thomas). Mais c’est surtout au sein de la société juive qu’il a opéré une véritable révolution intellectuelle en introduisant de l’ordre dans les compilations talmudiques, en protestant contre l’interprétation purement littérale de la Loi, et en essayant de concilier la religion judaïque avec la philosophie. II a été l’inspirateur non seulement du grand mouvement de philosophie juive du XIIIe siècle, mais encore le guide intellectuel des grands philosophes juifs postérieurs, Spinoza, Mendelssohn et Salomon Maïmon ainsi que des penseurs chrétiens, comme Thomas d’Aquin en particulier..

Rabbi Moshé ben Maimon, les Chrétiens occidentaux le connaissent sous le pseudonyme de Moïse Maïmonide et les Musulmans sous le nom de Mussa bin Maimun ibn Abdallah al-Kurtubi al-Israili, est né le 30 mars 1135, à Cordoue, sur les rives du Guadalquivir, en Espagne islamisée, il est issu de la dynastie des Maïmonides, une longue lignée de rabbins et de hauts dignitaires juifs. Le fait que la date précise de sa naissance soit connue, témoigne de la renommée du personnage.

Son père, rabbi Maïmon ben Yossef, le dayan (juge rabbinique), sage et érudit, dirige la communauté juive de Cordoue sous le règne des tolérants Almoravides. Il l’instruit en théologie, mathématiques et astronomie. Quelques enseignants arabes et juifs complètent sa formation en philosophie et médecine. Le jeune Maimonide alliait à son talent naturel, une soif d’apprendre, une volonté de fer et une grande pureté de mœurs. C’était l’époque de l’âge d’or judéo-musulman.

Il était enfant, alors que sa mère Rebecca s’affaiblissait de plus en plus, malgré les soins prodigués par Abbas, le Mufti de Cordoue. C’est Moshé qui apportait à Rebecca les plantes médicinales préparées par Abbas pour la soulager, mais elle finira par décéder de maladie laissant deux fils et une fille. Cet événement, déterminera Moshé à devenir médecin, et l’engagera à se poser la question du devenir de l’âme et à approfondir sa quête mystique. 

En 1148, l’intolérance et les persécutions religieuses contre les chrétiens et les juifs d’Espagne, des nouveaux princes Almohades (combattus par Averroès), musulmans fanatiques au pouvoir en Espagne, imposent la conversion, la mort violente par décapitation, ou la fuite.

Vers l’âge de 13 ans, il fut contraint à l’exil . La famille Maïmon émigra vers le Maghreb , où le jeune Moïse s’instruisit en sciences juives et profanes. Il lut Aristote, Hippocrate, Galien, et  bien d’autres et prit connaissance des écrits dAverroès .

5 ans plus tard, la ville de Fès fait aussi face à l’intolérance ce qui pousse la famille à partir pour Eretz Israel en Palestine. Mais encore une fois, ils doivent partir car la « Terre sainte » est sous le contrôle des croisés menés par Richard Coeur de Lion.  

C’est ainsi que la famille Maïmonide se retrouve en Egypte où elle prend très vite racine. 

Après la mort de son père et de son frère, il devient  médecin des pauvres et des riches, des juifs et 

des arabes. Il fut un des plus célèbres herboristes et phytothérapeutes, et reste une référence jusqu’à nos jours. Sa réputation comme philosophe talmudiste et comme médecin sera telle qu’il devint le médecin de la cour des Fatimides , du vizir Al-Fadhil et de son entourage puis du sultan Salah-Al-Din qui revint en Egypte après avoir bouté les croisés hors de terre d’Islam.

Il préside le Collège Rabbinique et s’occupe ardemment de la communauté juive d’Egypte dont il est bientôt nommé chef, « Naguid » et son représentant auprès du souverain et à ce titre responsable de l’organisation intérieure et des règlements judiciaires. Il eut de ce fait de nombreuses correspondances avec les représentants de différentes communautés y compris en dehors de l’Egypte.

Le Guide des égarés 

Ecrit en arabe, « Dalâlat al-hâ ’irin » signifie « ce qui montre le chemin à ceux qui ne l’ont pas trouvé ».

Il tente de mettre en accord l’enseignement de la Torah et de ses commentaires avec la philosophie d’Aristote. Il persiste à considérer la Loi comme la révélation des plus hautes vérités mais, quand le texte de la Loi est contredit par une proposition scientifiquement démontrée, il rejette le sens littéral et lui substitue une interprétation allégorique.

Dans cet ouvrage Maimonide procède à une analyse minutieuse des textes bibliques en essayant d’en découvrir et d’en cerner la signification exacte, à travers les symbolismes et les allégories du texte sacré. Pour cela il s’inspirait du rationalisme et de la logique d’Aristote, dont il avait pris connaissance dans les traductions et les commentaires d’Aristote par Averroès

 « Il n’y a aucun moyen de percevoir Dieu autrement que par ses œuvres ; ce sont elles qui indiquent son existence et ce qu’il faut croire à son égard, je veux dire ce qu’il faut affirmer ou nier de lui. Il faut donc nécessairement examiner les êtres dans leur réalité, afin que de chaque branche de science, nous puissions tirer des principes vrais et certains pour nous servir dans nos recherches métaphysiques. Combien de principes ne puise-t-on pas, en effet, dans la nature des nombres et dans les propriétés des figures géométriques, principes par lesquels nous sommes conduits à connaître certaines choses que nous devons écarter de la Divinité et dont la négation nous conduit à divers sujets métaphysiques ! Quant aux choses de l’astronomie et de la physique, il n’y aura, je pense, aucun doute que ce ne soient des choses nécessaires pour comprendre la relation de l’univers au gouvernement de Dieu, telle qu’elle est en réalité et non conformément aux imaginations »

                                                                                                        — Moïse Maïmonide, Guide des égarés.

Maïmonides le médecin

A l’instar d’Averroès et fort de cette quête de la vérité par la science, rambam s’illustre par de nombreuses avancées dans la médecine.

Un trait marquant de Maïmonide est sa conception expérimentale, de la médecine. Bien qu’instruit des théories et pratiques de ses prédécesseurs (exemple: Avicènne), il ne se fie pas nécessairement à leur parole, et n’hésite pas à mettre en doute des remèdes établis, ainsi que son propre jugement lorsque l’état du malade ne s’améliore pas.

C’est à la demande d’Al-Afdhal que Maïmonide réalise la plupart de ses traités médicaux, notamment le Traité sur l’asthme, la Guérison par l’esprit, et d’autres.

Ses oeuvres seront traduites de l’Arabe au Latin et seront les plus consultées, avec celles d’Avicènnes, Galien et hippocrates, par les médecins de la renaissance.

Ainsi, alors que les fanatiques religieux de tous bords se massacraient en Terre Sainte et au nord de l’Espagne, Moïse Maimonide fit progresser la pensée juive, musulmane et occidentale. Son exemple devrait être suivi par les Hommes d’aujourd’hui quelque soit leur confession.  

sources:

http://www.youtube.com/watch?v=YzijDjZYkDw

http://www.akadem.org/sommaire/themes/limoud/les-maitres/maimonide/autour-de-maimonide-et-averroes-21-12-2010-12114_320.php

http://www.youtube.com/watch?v=8MzGdjuVuGM

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