Le fantôme de Mazarin

barrosso: »l’Europe, pour moi, est un empire non impérial« .

Vous souvenez-vous avoir voté pour accepter ou non le traité européen en 2005 ? Vous rappelez-vous que le peuple Français avait refusé ce traité ?

Dans un article du 2 juillet 2012, intitulé: « Monti et Rajoy signent l’adieu à la souveraineté » Enric Juliana éditorialiste de  LA VANGUARDIA déclairait:

« L’accord trouvé à Bruxelles sous l’impulsion de l’Espagne et de l’Italie signifie une chose : trois siècles et demi après sa naissance par les traités de Westphalie, l’Etat-nation ne pourra survivre qu’en déléguant sa souveraineté.

Peut-être sommes-nous en train de revenir à cette période de l’histoire sans le savoir. Les ailes du moulin de la souveraineté nationale ont commencé à tourner dans l’autre sens. Pour soutenir l’euro, il faut déléguer des compétences nationales au centre impérial. Westphalie II. »

La ratification du traité de Münster (l'un des traités de Westphalie), par Gerard ter Borch (1648).

La ratification du traité de Münster (l’un des traités de Westphalie), par Gerard ter Borch (1648).

Connaissez vous le traité de Westphalie ? En connaissez vous les principes?

Si c’est le cas, les propos de l’éditorialiste de La Vanguardia aurait déjà dut vous faire bondir sur votre chaise.

Comment peut on dire que pour conserver une chose il faut l’abandonner?

Cette logique implacable digne de la déclaration de Rafarin de 2005 ( « Win the yes needs the no to win against the no (le oui a besoin du non pour gagner contre le non) peut laisser aussi pantois que lorsque le peuple Français s’est laissé convaincre que le non au traité européen voulait en fait dire oui au traité de Lisbonne en 2007.

En réalité, les abandons de souveraineté illégitimes que les européens subissent depuis le traité de Maastricht ne seraient être en aucun cas une continuité du traité de Westphalie.

Car  la succession de traités qui a donné son nom à la Paix de Westphalie (1648) a lentement mais sûrement mis fin au vieil espace impérial européen lié à Rome : la mosaïque du Saint-Empire romain germanique, le Pape et l’Empire espagnol endetté et si puissant outre-mer.

Les Traités de Westphalie ont érigés le principe de souveraineté nationale, incarné par la France de Mazarin et donnèrent naissance à l’Europe des Etats-nations que la Révolution française poussera encore plus loin. 

Le traité de Westphalie a établit un principe de respect mutuel entre les nations européennes, illégitimé le pouvoir des empires et de l’Eglise catholique. Car en Europe, ni nul part au monde, un peuple n’a le droit d’être dépossédé de son libre arbitre.

C’est bien cela que la majortié des Français savent. Même s’il n’ont pas les références historiques, les principes leur sont inscrit à travers la culture.

Oui, le fantôme de Mazarin vit bien en nous. C’est ce fantôme qui habite la déclaration universelle des droits de l’homme. C’est ce fantôme qui a poussé les résistants de la Seconde guerre Mondiale à dire non à la tyrannie nazie. Et c’est aussi cette intention que l’on peut voir dans la Charte de l’Atlantique qui reconnait le droit à l’auto-détermination pour chaque peuple dans le monde.

Ainsi, s’il y a bien une identité européene, ce n’est pas celle de Maastricht ou de Lisbonne, mais c’est bien celle de Münster en Wesphalie. Car c’est là que pour la première fois, des européens ont dits non aux empires.

Espagne, Grèce, Irlande, les peuples européens se révoltent contre le nouvel ordre impérial anti-Westphalien, car ils pressentent bien que c’est  un ordre anti-européen qui se met en place.

Non, monsieur Juliana, Westphalie II ne sera pas la création d’un nouvel empire, ce sera le démantèlement de cette structure illégitime, qui ne reconnait ni le libre arbitre, ni la démocratie, ni les peuples, ni leur avenir, qui porte aujourd’hui le nom d’Union Européenne.

sources:

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/

http://www.presseurop.eu/fr/content/article/2281991-monti-et-rajoy-signent-l-adieu-la-souverainete

http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=16481024

http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/dudh/1789.asp

http://www.droitshumains.org/Biblio/Text_fondat/US_06.htm

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