Interview d’Etienne Chouard

Interview d'Etienne ChouardLe « Rendez-Vous Blanc » est une rencontre citoyenne mensuelle organisée par le Parti du Vote Blanc. Nous avons profité de celui organisé le 16 février 2012 à Paris pour interviewer Etienne Chouard, citoyen engagé. Voici les questions que nous lui avons posées :

– Pouvez-vous présenter l’origine de votre engagement publique ?
– Pouvez-vous expliquer la dette publique ?
– Qu’est-ce qu’une Constituante ?
– Que pensez-vous d’une Constituante Européenne ?


(désolé pour les imperfections du journaliste qui débute : mini problèmes de son, « euh » dans les questions, photos un peu « écrasées » au montage…)

Extraits choisis :

« Nous ne sommes pas citoyens. Nous ne sommes qu’électeurs. »

« Je ne parle plus de crise, parce que c’est un coup d’état. Une crise est un accident. Là, c’est pas du tout un accident, tout se passe comme prévu. Je pèse mes mots ! Nous sommes fous de parler de crise dans ce qui est objectivement un coup d’état bancaire, privé, anti-républicain, anti-démocratique. Nous devrions être en insurrection (insurrection pacifique, non-violente) […] »

« On nous présente aujourd’hui comme une catastrophe imprévue ce qui est construit sciemment par nos parlementaires depuis 40 ans. On se moque de qui ? Si je dois résumer, le problème de la dette publique, je vais utiliser un gros mot : le mot « fascisme« . C’est un mot violent, qui décrit une période extrêmement brutale de notre Histoire, mais qui n’est pas du tout fini. Les méthodes ont changé, elles moins brutales en apparence. Mais l’objectif du fascisme qui était de mettre l’état à la disposition des plus riches, leur permettant ensuite de supprimer les syndicats, de se débarrasser des résistances des salariés pour que les salaires puissent être aussi bas que possible, sans contre-pouvoir, ce projet fasciste est absolument d’actualité. Les institutions européennes ont été voulues, écrites et financées par les mêmes qui ont financé Hitler et Mussolini. [Aujourd’hui] ce n’est pas Hitler ou Mussolini, c’est autre chose, c’est plus soft […] »

« Nous, on régresse […]. On accepte leur vocabulaire. On continue à parler de Démocratie. On défend le suffrage universel comme si c’était une Vache Sacrée, alors que c’est [justement] le suffrage universel qui, depuis 200 ans, permet aux riches d’acheter le pouvoir politique, et de concentrer les pouvoir […] »

« Nous devrions être protégés par la Constitution, [mais] nous laissons écrire ce texte protecteur par ceux dont elle devrait nous protéger ! »

« Il nous faut une Assemblée Constituante d’où les acteurs professionnels [de la politique] seraient exclus. Il ne faut pas d’homme de parti, ni parlementaire, ni ministre, ni juge, ni banquier, aucun homme de pouvoir. »

« Je suis nationaliste parce que si je perd la Nation, je perds ce que Robespierre m’a donné comme outil pour résister à Monsanto »

« Il faut prendre le problème à la racine […]. Les injustices sociales […] ont une racine commune qui est notre impuissance politique, qui ne tombe pas du ciel : elle est programmée dans un texte dont nous nous foutons. Je suggère que nous arrêtions de nous en foutre. »

Nous tenons à remercier chaleureusement Etienne Chouard pour cette interview sans langue de bois.

Etienne Chouard a initié un Wiki pour que chaque citoyen internaute puisse participer à l’écriture d’une Constitution. Voici également le lien vers son blog. Enfin, voici le lien vers le site lemessage.org qu’il mentionne pendant l’interview.

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