De la Guillotine Intellectuelle

7 mois d’existence pour le Cercle de Volontaires, et déjà 100 publications ! Merci à vous, vos soutiens, vos encouragements, vous nous avez donné la motivation nécessaire pour continuer. Merci également à ceux et celles qui nous ont rejoint. Pour fêter cela, nous vous proposons une tribune que nous avons publiée le 17 décembre 2011 sur Agoravox, soit quelques jours avant la naissance de notre blog. Souvenir…

« Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l’instant mis à mort par les hommes libres »

Ceci n’est pas la devise d’un quelconque groupe terroriste, mais n’est que l’article 27 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793. Si la puissance et la préciosité des textes fondateurs de la République sont inestimables, ces textes sont le plus souvent inconsidérés, ou sciemment bafoués. A la lumière de ceux-ci, nous commenterons cet article au prisme de notre époque.

L’usurpation de la Souveraineté

La Souveraineté peut s’entendre au sens de « Souveraineté Populaire », c’est à dire d’influence du Peuple sur la politique de la Nation. Aujourd’hui, il est évident pour beaucoup que cette souveraineté du Peuple Français est bafouée.

Retrouvée à la Libération, après quatre années passées sous le joug nazi, la Souveraineté Nationale fût magnifiquement incarnée par le général De Gaulle. Ciment de l’œuvre révolutionnaire du CNR (Conseil National de la Résistance), elle s’est progressivement effritée à mesure que l’idéologie libérale s’imposait par la mondialisation. En France, elle a finalement laissé place à une classe politique indolente ainsi qu’à une technocratie européenne coupées des problèmes et des besoins des français. Pire encore, les oligarques reconnaissent publiquement que nous ne sommes plus maîtres de notre destin. Régis par un traité « pt’être pas très démocratique » selon Jacques Attali, nous vivons dans un système dont les créateurs savaient depuis l’origine qu’il portait en lui les germes de la crise actuelle, crise à laquelle l’Euro ne pourrait survivre qu’avec leur solution miracle : plus de fédéralisme européen. « Pin-pon, pin-pon » font les pompiers-pyromanes…

Décidément bien bavard, et n’étant pas à une contradiction près, Attali affirme que nous vivons bien en Démocratie, puisque qu’il incrimine le peuple, responsable d’après lui d’avoir élu ceux-là mêmes qui ont creusé la dette publique. « Le peuple est coupable de la crise ! » s’écrit-il en chœur avec Alain Minc !

Gardons notre sang-froid face à ce mépris du Peuple, de la Démocratie, de la Nation… Ces usurpateurs, qui ont bien souvent comme point commun leur européisme et leur mondialisme, s’étaient d’ailleurs déjà illustrés, lors de la vaine propagande concernant le Referendum de 2005 sur l’instauration d’une Constitution Européenne.

Nous connaissons la suite de l’histoire… Nos dirigeants (Assemblée Nationale inclue) ont ouvertement ignoré la Volonté Populaire exprimée par les urnes. A ce sujet, Nicolas Sarkozy nous expliqua que nous consentions à l’instauration du Traité de Lisbonne, pour la simple et inique raison que cela était mentionné dans son programme présidentiel. En somme, les électeurs du Président de la République ont signé le contrat sans prêter attention aux petits caractères. Mais, n’y a-t-il pas eu tromperie sur la marchandise ? Car celui qui fût élu Président du pouvoir d’achat, se révéla Président des riches. Sa fonction est pourtant régi par des devoirs clairs. « La souveraineté nationale appartient au peuple, qui l’exerce par ses représentants et par la voie du referendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice . (…) » peut-on lire dans l’article 3 du Préambule de la Constitution de la Vème République. Non satisfaits d’avoir violé notre souveraineté, ces usurpateurs ont l’arrogance de revendiquer leurs méfaits, ainsi que l’outrecuidance de nous en attribuer la paternité. Pitoyable cynisme…

Mais les européistes ne cessent de nous le répéter : les mesures qu’ils adoptent sont prises pour le bien commun. Il n’y a, selon l’adage, « pas d’alternative« . Les sujets sont « trop techniques« , et le peuple, considéré comme incapable de comprendre ce qui est bon pour lui, est exclu du processus démocratique de la manière la plus vile qui soit.

« Mise à mort » des responsables

Évidemment, cet article n’est pas un appel au meurtre ! La mise à mort que nous invoquons est une mise à mort politique, par les citoyens. En effet, le peuple est resté trop longtemps résigné face à ceux qui prétendent agir en son nom.

L’article 35 pourrait être une solution à nos problèmes : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs« . Radical, mais efficace.

L’usage de la guillotine intellectuelle, voilà ce que sera notre Terreur ! La place de la Nation sera cette fois sur Internet, dans les médias, l’espace public. Les Assemblées Populaires, cafés-citoyens, débats universitaires et autres cercles de réflexion seront autant de tribunes pour notre lutte commune.

« Ceux qui rendent une Révolution pacifiques impossible rendent une Révolution violente inévitable » avertit John F. Kennedy en 1963. Nous devons avoir à l’esprit cette mise en garde.

Car le temps est venu de reconnaître cette « lutte des classes » inédite . Elle a lieu entre les citoyens qui subissent le système, et ceux qui l’ont sciemment mis en place. Mais pas d’amalgame simplificateur. Les « idiots utiles », pourtant défenseurs du système, ou les honnêtes riches ne sont pas nos véritables ennemis.

Notre démarche est totalement pacifique et le restera. Ceci ne doit pas faire douter de notre détermination, nous sommes des jusqu’au-boutistes !

Les hommes et les femmes libres

La liberté intellectuelle, voilà ce dont il est question. Que ceux qui pensent par eux mêmes, assistant impuissants à l’effondrement de notre héritage Démocratique, se battent pour ce en quoi ils croient ! Certains sont déjà mobilisés sur le terrain, et le Mouvement des Indignés en est l’un des fers de lance. Mais l’extrême majorité reste résignée.

« 99% », c’est pourtant le pourcentage de la population qui est apte à se réveiller. Et si la puissance d’un débat démocratique transparent balaierait les obscures manipulations de notre si méprisante kleptocratie, il faut pour cela l’inspirer.

Voilà le fruit de nos modestes réflexions sur l’amusant exercice de superposition de deux périodes historiques éloignées dans le temps, mais pourtant si proches dans l’esprit. Nous espérons qu’elles rejoindront les vôtres. Car au niveau politique, ce qui nous unit doit être plus fort que ce qui nous divise.

C’est le cœur léger que nous terminons cet article. Nous assumons notre écrit, et nous nous ferons un honneur de le défendre publiquement.

Nous n’attendons dorénavant qu’une chose, que quelqu’un allume la mèche. Et ce quelqu’un, c’est vous !

Raphaël Berland et Jonathan Moadab

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