La chute de Robespierre et la propagande diabolisatrice post-mortem dont il fut l’objet, par Alexis Martinez


Vendredi 27 juillet, je retrouvais Alexis Martinez (voir son blog, Mes élucubrations) afin de trinquer à la mémoire de Maximilien Robespierre. L’occasion pour lui de faire un rappel historique sur les événements qui ont mené à la décapitation du grand patriote, et la diabolisation dont il a fait l’objet après sa mort. Cet entretien fait suite à l’hommage rendu par Raphaël Berland à l’Incorruptible publié le 10 thermidor. Riche en détails et en anecdotes, le récit qu’Alexis Martinez fait de Robespierre ravira les férus d’histoire et autres fans d’Henri Guillemin !

Petite précision apportée par Alexis après notre entretien. C’est Cambacéres, répondant à Napoléon, qui avait affirmé que le procès de Robespierre « fût un procès jugé, mais non plaidé« .

En conclusion, nous citons un extrait de l’Histoire populaire de la Révolution française par Etienne Cabet (1840) :

« De tous les faits qui précèdent ne résulte-t-il pas manifestement, en résumé, que les historiens qui ont sacrifié Robespierre aux Thermidoriens ont pris le contrepied de la vérité ? Pour nous, nous dirons à ses ennemis vainqueurs :

Vous l’accusez d’être cruel… Non, c’est vous – ; d’être la principale cause de la Terreur… Non, il l’est moins que vous – ; d’être l’auteur du redoublement d’exécutions… Non, c’est vous – ; D’avoir voulu prolonger les supplices… Non, c’est vous – ; d’être un ennemi du Peuple… Non, c’est vous – ; d’être un contre-révolutionnaire… Non, ce sont beaucoup d’entre vous – ; d’être un usurpateur, un tyran… Non, c’est vous – d’être envieux, jaloux, orgueilleux… Non, c’est vous ; il est plutôt trop modeste, et n’a pas assez le sentiment de sa force et de sa supériorité – d’être ambitieux… Non, c’est vous ; et c’est un malheur qu’il n’ait pas plus d’ambition. – Vous l’appelez assassin de la Patrie… Non, c’est vous.

Vous vous dites les amis de la vertu, de la modération, de l’humanité, de la République, du Peuple… Non, c’est lui. »