Attentat de Bourgas : Casus belli contre l’Iran ?

Difficile de garder la tête froide lorsque des événements effroyables comme ceux-ci arrivent. Si les médias français ont surtout axé le traitement de cet attentat meurtier ayant coûté la vie à sept personnes sur l’aspect émotif, certains médias israéliens s’interrogent sur l’instrumentalisation de cet événement, qui pourrait servir de prétexte à une guerre contre l’Iran.

C’est notamment le cas de Amir Cohen, journaliste au quotidien Haaretz. Dans son article "Netanyahou veut faire d’une erreur des services de renseignements israéliens une excuse pour attaquer l’Iran" l’auteur pointe la précipitation du Premier ministre israélien à désigner l’Iran comme le coupable de cette attaque. Effectivement, seulement deux heures après les faits, Benjamin Netanyahou déclarait : "tous les signes mènent à l’Iran". Des accusations élargies au Hezbollah par le ministre de la Défense Ehud Barak : "l’attentat de Bourgas a été mené par des activistes du Hezbollah et commandité par l’Iran". Avidgdor Lieberman, ministre des Affaires Etrangères, a lui aussi martelé les mêmes éléments de langage : "C’est le Hezbollah aidé par les Gardiens de la révolution de l’Iran qui est responsable de cet attentat suicide. Il s’agit d’une information avérée".

Mais cette thèse ne provoque pas le même enthousiasme chez les officiels bulgares. En effet, le ministre des affaires étrangères bulgare Nikolaï Mladenov, cité par le Haaretz, a lui affirmé que c’était une "erreur d’accuser certains pays ou organisation à ce stade de l’enquête"… Déclaration que nous n’avons vu être reprise par aucun titre de la presse française.

La République islamique d’Iran a elle réagit au travers de Ramin Mehmanparast, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères : "[...]Mettre en danger la vie d’innocents est [...] un acte inhumain", "la position de l’Iran est de condamner tout acte terroriste dans le monde."

Images du suspect de l’attentat de Burgas

Le Président bulgare Rosen Plevneliev a lui rappelé, selon la Sofia News Agency, que les autorités bulgares avaient rencontré le Mossad il y a un mois, et qu’aucune information concernant des attaques dans la région n’avaient été mentionnées. Cette déclaration appuie le fait que cet attentat est démonstratif, pour ce qu’on peut affirmer à ce stade de l’enquête, des failles des services secrets israéliens, le Mossad.

Cet événement sera-t-il instrumentalisé pour servir un bombardement de l’Iran, qui, ainsi que le rappelle Amir Cohen citant Ehud Barak, pourrait causer 500 morts israéliens, soit 70 fois le nombre des victimes de Burgas ?

Ce scénario n’est pas à exclure même si, l’agitation de la région ne semble pas présager une intervention extérieure de Tsahal. En effet, ainsi que le rapporte le Jérusalem Post, les permissions du week end ont été annulées pour les officiers et soldats de l’armée israélienne en prévision des combats qui auront lieu en Syrie.

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